« DES STATUES VIVANTES ET COLOREES : POURQUOI LES GRECS PEIGNAIENT-ILS LEURS SCULPTURES ? » Madame Adeline GRAND CLEMENT – Maître de Conférences en Histoire grecque à l’Université de Toulouse 2-Le Mirail – Directrice adjointe de l’équipe PH-ERASME (Patrimoine Littérature Histoire, Equipe de Recherche sur la Réception de l’Antiquité : Sources, Mémoire, Enjeux) – Chercheur associé au laboratoire ANHIMA (Anthropologie des Mondes Anciens, Paris)
Les musées européens sont peuplés de statues antiques dont la blancheur marmoréenne suscite l’admiration des visiteurs. On sait que les savants des XVIIIe et XIXe siècles appréciaient eux aussi une telle sobriété chromatique, permettant selon eux de mettre en valeur la pureté des formes sculptées. Pourtant, les découvertes archéologiques ont depuis longtemps montré le rôle joué par les effets chromatiques sur les oeuvres antiques, autrefois peintes ou animées par l’ajout de différentes matières colorées. Les progrès récents de nos connaissances dans ce domaine invitent ainsi à modifier notre regard sur l’art grec et ses canons esthétiques ; ils permettent également de réfléchir à la fonction des statues dans les sociétés antiques et au rôle dévolu aux couleurs, qui permettent d’en faire des objets animés et dotés d’un pouvoir parfois redoutable.
« LA MERVEILLEUSE EPOPEE DU RAMAYANA » Monsieur Jean-Paul LAMARQUE – Professeur d’histoire – Directeur honoraire des Alliances Françaises de LA PAZ (BOLIVIE) et SANTA FE (ARGENTIQUE) – accompagnateur de voyages culturels
Né en INDE il y a 25 siècles, le mythe du RAMAYANA continue d’inspirer toutes les formes de l’art et du spectacle, dans de nombreux pays de l’Est Asiatique. Après une brève présentation du panthéon hindouiste, nous accompagnerons dans ses aventures le héros RAMA, parti libérer sa jeune épouse SITA des griffes du démon RAVANA, avant de nous interroger sur la portée actuelle de ce mythe.
« SCENES DE CRIMES AU NEOLITHIQUE » Monsieur Alain BEYNEIX – Docteur en Préhistoire, chercheur associé à l’UMR Du CNRS (Département de Préhistoire du Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris)
A la lumière d’une analyse synthétique des traces de morts brutales ou de tueries de masse observées dans les sépultures du Néolithique européen, la question de l’émergence d’un réel climat de violence collective, aux origines de la guerre, au sein des premières communautés paysannes européennes se trouve posée. Des tensions aboutissant à des heurts violents, entre le VIème et le IIème millénaire avant J.-C., pourraient répondre à plusieurs facteurs ; des causes factuelles liées à des contestations de limites de territoire, des motivations économiques permettant la saisie de richesses par le système des razzias, enfin des raisons sociales car le conflit victorieux est une démonstration de puissance d’une communauté sur une autre et il renforce en cela le prestige du groupe ou de son chef.
« UN VOYAGE A TRAVERS LES LANGUES DU MONDE : il pleut toujours quelque part » Monsieur Pierre BRULE – Professeur émérite de l’Université Rennes 2
L’auteur invite à une promenade à travers les langues du monde – quelques-unes seulement ! Et, au travers du thème apparemment banal de la pluie, il montrera comment elles trahissent une conception du monde, de l’homme et du sacré – à moins que ce ne soit l’inverse (que ce soit l’usage d’une langue qui prédétermine ces conceptions !).
« UN CHEMIN POUR LES GRANDS OPERAS » Monsieur Denis GAUTHIER – Professeur agrégé de physique honoraire
Passionné d’opéra et autodidacte, j’en propose une approche en deux séances par la présentation des différents types de voix et de quelques-uns de leurs personnages, illustrée par des vidéos de grands airs. J’espère ainsi ouvrir pour certains un chemin agréable vers les grands opéras qui étaient par le passé un spectacle beaucoup plus populaire que de nos jours.
« LA FORET EN AQUITAINE DU XVIIIème SIECLE A NOS JOURS EVOLUTION ET PERSPECTIVES » Monsieur Claude VIDAL – Ingénieur Général des Ponts des Eaux et des Forêts – Directeur Général Adjoint de l’Institut Géographique national
Après un rapide aperçu de l’évolution de la forêt française sur plusieurs siècles, une attention particulière sera portée sur les forêts anciennes en Aquitaine, puis une évolution de la surface forestière depuis le XVIIIème siècle jusqu’à nos jours dans cette région. Cette étude spatialisée et relativement précise est rendue possible à partir des cartes de Cassini que Louis XV avait commandées à ce dernier en 1747. Il a fallu 42 ans pour achever la cartographie de l’ensemble du territoire français de l’époque. Des comparaisons seront effectuées avec les cartes d’Etat-Major établies au XIXème siècle puis avec des cartes récentes produites par l’IGN. Ces informations permettront de faire une analyse plus précise des forêts des départements des Landes, du Lot et Garonne et des certaines zones de la région avec des évolutions forestières particulières. Une discussion autour du concept de forêt ancienne et de son intérêt environnemental sera initiée. Enfin en matière de perspective, l’impact des grandes tempêtes de décembre 1999 et de Janvier 2009 sera abordé.
« AUX ORIGINES DE LA MAFIA » Monsieur Robert CASTELLO – Enseignant en histoire de l’art – Conférencier
Longtemps considérée par les historiens comme un sujet tabou, la mafia a donné lieu à un nombre considérable d’images de clichés et de légendes.
Si la mafia est née en Sicile dans la seconde moitié du 19eme siècle, ses origines remontent fort loin dans le passé.
Contrairement aux thèses défendues par les historiens du nord de la péninsule qui voient dans le phénomène mafieux le résultat d’un ensemble de dispositions des siciliens pour la violence, la mafia est surtout et avant tout le produit d’une mauvaise gouvernance et d’une oppression sociale séculaire.
« Audition, sens unique » Docteur François GEYER – Pharmacien, Audioprothésiste, Docteur en Médecine, Diplômé de Gériatrie et Gérontologie
Si l’on voulait établir une hiérarchie dans l’importance de nos cinq sens, l’ouïe se disputerait vraisemblablement la première place avec la vue. Et même si dans ses outils de communication, notre société tend à privilégier l’image, nous allons constater que le son, et son corollaire, l’audition, constitue un sens unique sans lequel notre aptitude à communiquer serait anéantie.
Nous essaierons de comprendre comment la simple vibration physique d’un son fondamental devient grâce à la physiologie de l’oreille et de ses voies neuronales, un message signifiant, et quelques fois, par la psycho-acoustique, un générateur d’émotions.
Nous découvrirons enfin comment notre audition peut se dégrader partiellement ou totalement, et réaliser une surdité dont nous verrons les conséquences mais aussi les moyens d’y remédier.
« CAPA , DOISNEAU, LARTIGUE, 3 REGARDS SUR LA FRANCE DU 20ème SIECLE » Monsieur Yannick LEVANNIER – Chargé de formation dans tous les domaines de l’image
Ayant chacun sa propre vision de la photographie et des techniques de prise de vue, ces 3 photographes d’origines sociales différentes, ont su à leur manière fixer des moments de vie de la France et des français du siècle dernier. Reportage de guerre, vie familiale de tous les jours, débuts des transports ou manifestations sociales de toutes sortes, rien n’a échappé à leurs regards figeant pour toujours une époque déjà lointaine.
« Concert-lecture : Les Lettres de Madame de Sévigné agrémentées de Musiques pour viole de gambe » Madame Natacha MAUFRAIS – Conférencière au Musée de la Musique à La Cité de la Musique à Paris La Villette – Professeur de musique ancienne au Festival de Musique ancienne de Dieppe – Chercheuse, spécialiste du siècle de Louis XIV et de la musique de cette époque – Concertiste, gambiste spécialiste de la musique française pour viole de gambe
Le concert lecture des extraits des Lettres de Madame de Sévigné nous plonge dans l’atmosphère de la cour à l’époque de Louis XIV, font revivre l’intimité de salons et comprendre la vie mondaine, artistique et littéraire du XVIIe siècle. Les sonorités de la viole de gambe nous font découvrir les magnifiques pages du répertoire de la musique française pour viole de gambe (Marin Marais, Caix d’Hervelois) ainsi que d’autres compositeurs Lully, Couperin.
« LA CIVILISATION JAPONAISE – HERITAGES, MYTHES ET ELEMENTS FONDATEURS » Monsieur Michel PENSEREAU – Ancien Attaché d’Administrations – Chargé d’enseignement de la langue et civilisation japonaises à l’Université de Saint-Denis de la Réunion
La civilisation japonaise est une « civilisation périphérique » de celle de la CHINE, sa matrice culturelle cultivant longtemps sa spécificité, le JAPON, « cyclique » a alterné au cours de son histoire phases de repli et d’ouverture au monde. Le pays du Soleil Levant, poétique à ses heures, est également mué par une éthique de la survivance, ce qui fait que sa civilisation est aussi pragmatique. Longtemps élève des nations techniquement les plus avancées, l’archipel est une « culture de l’appropriation » qui développe toute une pédagogie de l’imitation. « Civilisation double », le JAPON est à la fois un « Orient extrême » et un « Extrême Occident » ; il constitue aussi un « Ailleurs » qui distille certes un exotisme discret mais surtout de l’insolite d’autant qu’il est enfin une « Civilisation de la vacuité » jouant des vides et des pleins, des jeux de lumière, de l’ambiguïté, du « non-dit », de l’invisible, de l’indicible et de l’ineffable.
« L’ODYSSEE DU COMMANDO FRANKTON » Monsieur André VOISIN – Professeur d’Histoire
En décembre 1942, une extraordinaire aventure s’est déroulée sur l’embouchure de la Gironde et dans le Sud de la France. Cette invraisemblable épopée militaire a pour nom de code « Frankton ». un commando britannique composé de 10 « marines » intrépides, parti du Nord de la Grande-Bretagne, en sous-marin, débarque au large des côtes landaises. Il avait pour mission de remonter la Gironde en kayaks, en pagayant uniquement de nuit afin d’atteindre le port de Bordeaux et d’y faire sauter le maximum de cargos allemands car ces bateaux ramenaient d’Asir des produits indispensables à l’effort de guerre des Nazis. Cette odyssée s’est déroulée au prix de mille de difficultés aussi bien sur mer que sur terre. Elle s’est soldée par la mort de huit marines. Seuls deux rescapés réussirent à regagner leur pays.
« Raymond QUENEAU » Monsieur Jean-Pierre CANCES – Professeur Honoraire – Agrégé de Lettres Classiques
Raymond QUENEAU est surtout connu par son roman « ZAZIE DANS LE METRO » (adapté au cinéma par Louis MALLE) et ses exercices de style. Mais c’est un homme aux multiples facettes qui a joué un rôle important dans les lettres françaises. Poète d’avant-garde, romancier original, essayiste, mathématicien, homme de radio, journaliste, scénariste de cinéma, peintre, philosophe, enfin cofondateur de l’OULIPO. QUENEAU fut tout cela, et aussi un virtuose du langage, un inventeur de formes nouvelles, un maître de l’humour.
« « LA MORT DE MOZART : VERITES ET CERTITUDES » » Par Dr François-Régis CERRUTI – Médecin Expert près la Cour d’Appel de Bordeaux
C’est grâce à l’union de la musique et de la médecine que les auteurs, issus de ces deux disciplines, sont parvenus à la surprenante vérité, fruit d’une tendance qui porte à apprendre, à découvrir et à connaître des réalités nouvelles. A l’issue d’une recherche méthodique, approfondie et critique, l’obscur brouillard quasi légendaire qui a entouré le décès de Wolfgang Amadeo depuis plus de deux siècles, s’est brusquement dissipé. Le divin Mozart s’est soustrait à la vie de ses semblables, de ses proches tant chéris comme de ses admirateurs, en quelques semaines, à 35 ans… à cause d’une potion stimulante, magique d’abord, puis, consommée avec excès ensuite, dont la toxicité perverse – qui lui était bien sûr inconnue et insoupçonnable – est devenue rapidement mortifère. Les diagnostics les plus saugrenus, les plus inattendus, insolites et imaginaires, ont nourri la légende du trépas du compositeur, alors qu’il a été l’unique acteur – bien involontaire – de sa rencontre avec la Camarde.
Au sommet de son talent, Mozart est bien mort empoisonné, comme il l’avait subodoré…mais par lui-même, et après avoir mis son génie et sa détresse dans de magnifiques et bouleversantes notes de musique… Les supputations, les pressentiments ont émergé, se sont distingués – parfois juxtaposés – sans aucune certitude ni cohérence. L’époque des découvertes médicales modernes, scientifiquement établies- surtout depuis le milieu du XIXème siècle- a fini par arriver…mais trop tard pour Wolfgang! Et ces découvertes nous permettent maintenant de développer, d’affiner et d’affirmer des certitudes que nous vous invitons à découvrir avec la clarté et la rigueur scientifique qui sied à l’homme attentif et scrupuleux du XXIème siècle, assujetti à « l’exacte vérité ».
Au fil de ces pages, inconditionnels de Mozart ou simples curieux, nous allons imaginer l’angoisse, l’agonie et l’effondrement jusqu’au trépas de ce virtuose d’exception qui ne cesse de nous émouvoir et de nous enchanter et qui va nous accompagner encore longtemps.
« Les héros de roman sont-ils heureux en ménage ? » Par Mme CAYRE – Professeur de Lettres au lycée Bernard Palissy
… « Ils se marièrent, vécurent heureux… » Cette formule qui vient clore les contes de fées a du mal à s’imposer lorsqu’on s’intéresse au roman français. Les mariages y sont souvent malheureux. Mais si les héros de roman sont des époux maussades, ce sont aussi des amants exaltés. Est-ce à dire que le désir ne résiste pas à l’institution matrimoniale ? Le roman, en tant que concentration du réel, nous révèle-t-il que le « faire couple » n’a rien de naturel ? Ce sont les questions auxquelles il s’agira d’essayer de répondre à travers un choix de textes et d’images mettant en scène des couples célèbres de la littérature romanesque française.
« Les Exploitations agricoles antiques dans les campagnes du Lot et Garonne : l’apport de la prospection aérienne » Par Mme Catherine PETIT-AUPERT – Maître de conférences en histoire ancienne, Université de Bordeaux 3 – Institut Ausonius
Cette conférence dressera un premier bilan des connaissances sur les formes de l’habitat rural (villae et fermes) du territoire de la cité des Nitiobroges. Les campagnes de prospection aérienne menées depuis 2011 démontrent l’apport incontestable de cette méthode, qui reste un outil privilégié de recherche. Elle enrichit nos données sur la morphologie des édifices ruraux et pose le premier jalon d’une typologie des formes architecturales et des modèles adoptés dans cette partie de l’Aquitaine antique.
« Saint Thomas d’AQUIN – le Thomisme » Par Mr Guillaume CANOVAS – Professeur agrégé, Docteur en histoire médiévale
Au XIe siècle, l’Occident chrétien semble avoir coulé le rapport de la science à la foi dans le bronze des écrits de saint Augustin et d’Isidore de Séville. Par la fascination intellectuelle qu’il exerce sur le milieu scolastique, l’aristotélisme arabe du XIIIe siècle vient bouleverser l’équilibre ancien. L’Aquinate tente alors synthèse audacieuse entre fides et ratio. Mais en théologie, la fortune sourit-elle vraiment aux audacieux ?
« De 7 à 77 ans, le roman policier : pourquoi un tel succès ? » Par Mme Stéphanie BENSON – Ecrivain, professeur agrégé d’anglais, Docteur en études anglophones, maître de Conférences, Chargée de cours à l’Université Michel de Montaigne – Bordeaux III
Le roman policier représente une partie non négligeable des emprunts en bibliothèque et se trouve souvent parmi les meilleures ventes en librairie. Que ce soit le roman policier pour adultes ou pour la jeunesse, le genre est sans aucun doute l’un de ceux qui ont le plus passionné les lecteurs de tous âges depuis les débuts de l’imprimerie et de la diffusion de masse. Mais comment expliquer un tel engouement ? Cette conférence, en retraçant l’histoire du roman policier, ses premiers auteurs et premiers textes, tentera à travers une analyse diachronique et synchronique de réfléchir sur les raisons de son succès qui se trouvent sans aucun doute dans ce qui fait sa spécificité : la compréhension des mécaniques derrière l’acte criminel.
« UNE PASSION DE PORCELAINE » Par Mme Catherine BOURZAT – Diplômée de chinois et d’histoire de l’art, Catherine Bourzat a parcouru pendant 20 ans les routes de l’Asie. Pour Hachette Tourisme, Michelin Éditions du voyage et Mondéos, elle a conçu des guides de voyage. Elle a publié des livres au Chêne, au Zouave, aux 5 Continents, chez Vilo, Marabout et Liana Levi
À l’aube des Lumières, les princes d’Europe s’étourdissent de leur gloire. Louis de France a donné le la de cet étalage de puissance. De Venise à Berlin, de Versailles à Vienne, l’or est dissipé en guerres, en fêtes et en palais innombrables, où s’amassent les pierres et l’argenterie, les tableaux et les ivoires, les perles et les cristaux. Et ces bijoux fragiles qu’on nomme porcelaines. La porcelaine. La terre que peut traverser la lumière… L’or blanc. Chargée à grands frais sur les vaisseaux de l’Europe et du Nouveau Monde, elle est un très ancien secret détenu par l’Orient. Son mystère fait son prestige. La vaisselle des Indes se collectionne passionnément. C’est le propos de cette conférence qui s’achève au moment où un arcaniste et un physicien percent en Saxe le secret du kaolin de Chine. Petite mécanique du hasard de l’Histoire, dont l’intrigue et les acteurs ont, eux, fait l’objet d’un livre : L’arcane de la porcelaine—la fin d’un secret, publié en 2009 aux éditions Culture & Patrimoine en Limousin.